Accueil du site > Toutes les rubriques > Brèves > Le débat sur la chasse aux phoques sème la zizanie au Sommet UE-Canada
Aujourd’hui s’ouvre à Prague le Sommet Union européenne-Canada avec au programme la question du libre-échange impliquant notamment la suppression des droits de douane, la libéralisation des investissements, l’ouverture du marché de l’aviation, ainsi qu’une coopération visant à déterminer l’origine des produits. Ce sommet suscite beaucoup d’espoirs des deux côtés : le Canada est l’un des principaux partenaires commerciaux de l’UE. Celle-ci souhaite par ailleurs profiter de cette rencontre pour avancer rapidement dans les négociations sur la libéralisation du commerce mondial dans le cadre de l’OMC, négociations qui sont dans l’impasse depuis 2001. Néanmoins, le retour du débat sur la chasse aux phoques semble avoir refroidi les relations. Le Parlement européen, voulant lutter contre « des pratiques répugnantes et cruelles », selon le Commissaire européen à l’Environnement, Stavros Dimas, a adopté hier (donc à la veille du Sommet !) un texte qui interdit l’importation des peaux de phoques et autres produits dérivés à partir de 2010.
La réaction du Canada ne s’est pas faite attendre : accusant l’UE d’être soumise aux lobbies, le ministre des Pêches de la province de Terre-Neuve, Thomas Henderson, a déclaré qu’« il y a un peu d’hypocrisie dans tout cela » ajoutant : « Voici des nations européennes qui chassent commercialement 1,2 million de chevreuils, un demi-million de sangliers, qui chassent comme la peste des millions de rats musqués et qui se retournent vers nous et nous montrent du doigt en disant que nous n’avons pas le droit de faire ce qu’ils font= ».
Cependant, bien que le Canada ait tout de suite annoncé vouloir contesté l’embargo, le Sommet devrait se poursuivre sans trop de problèmes et ceci pour deux raisons : le texte du Parlement autorise la vente « à des fins non lucratives » (notion assez vague), la chasse traditionnelle par les Inuits, le transit des peaux entre le Canada et la Russie (en espérant qu’aucune ne se « perdra » en route). Ensuite, il convient de rappeler que deux des plus gros clients du Canada sont membres de l’UE, à savoir l’Italie et le Danemark. Il semble donc que la position commune de l’UE sera difficilement applicable, ou peu lisible.
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