Accueil du site > Toutes les rubriques > Spécial élections libanaises > La démocratie libanaise et sa lingua franca confessionnelle : les limites de (...) > Liban : quelques repères
Par Nayla Moussa, Assistante de recherches à l’IRIS, doctorante à Sciences-Po Paris
Superficie : 10 452 km2 (Ce chiffre officiel prend cependant en compte les Fermes de Chebaa, territoire de 20 km2 occupé par Israël depuis 1967)
Population : près de 4 100 000 habitants (il s’agit d’une estimation, le dernier recensement date de 1932, à l’époque du mandat français).
1516 : La zone qui constitue le Liban actuel est intégrée à l’Empire Ottoman. Le Mont Liban, habité par les chrétiens maronites et les druzes, garde toutefois une autonomie par rapport aux autres territoires de l’empire.
1840-41 et 1860-61 : Massacres interreligieux dans le Mont Liban
1920 : La Société des Nations confie à la France le mandat sur le Liban
1er Septembre 1920 : Proclamation du Grand Liban. Les villes de la côte sont annexées au Mont Liban, le pays acquiert ses frontières actuelles avec Beyrouth pour capitale
22 novembre 1943 : Indépendance du Liban, le « pacte national » est mis en place, les sunnites renoncent à la revendication d’annexion à la Syrie et les maronites renoncent à la protection de la France. Ce qui fera dire à Georges Naccache, journaliste libanais « deux négations ne font pas une nation »
1958 : De violents affrontements éclatent, en protestation contre la volonté du Président Camille Chamoun, jugé pro-occidental, de faire entrer le Liban dans le Pacte de Bagdad
1969 : Signature des accords du Caire permettant à l’Organisation de la Libération de la Palestine (OLP) d’affirmer leur positionnement au Sud-Liban
13 avril 1975 : Début de la guerre civile libanaise qui oppose au début les Palestiniens alliés aux musulmans et à la gauche, aux milices chrétiennes
1976 : L’armée syrienne entre au Liban
1982 : Invasion israélienne
1988-1989 : Guerre de libération menée par le général Michel Aoun contre l’armée syrienne et qui va se solder par la défaite du général et son exil en France
1989 : Signature des accords de Taëf qui mettent officiellement fin à la guerre civile
Mai 2000 : Retrait de l’armée israélienne du Sud du Liban
14 février 2005 : Assassinat de l’ancien Premier ministre Rafic Hariri, suivi de 2 mois de manifestations et de contre-manifestations
Avril 2005 : Retrait de l’armée syrienne du Liban
Eté 2006 : Guerre israélienne contre le Hezbollah
Le Liban compte 18 communautés religieuses reconnues par l’Etat dont les plus importantes, de par le poids démographique et politique, sont : les maronites, les sunnites, les chiites, les Grecs orthodoxes, les Grecs catholiques, les druzes et les Arméniens. Cette diversité religieuse n’est pas spécifique au Liban. Mais la particularité pour ce pays réside dans le fait qu’aucune communauté ne détient la majorité (toutefois, il n’y a pas de statistiques disponibles sur le poids démographique effectif de chaque communauté).
Le Liban est une démocratie parlementaire. Le confessionnalisme du système politique est censé permettre de gérer la pluralité confessionnelle de la société libanaise. Il s’agit donc d’une démocratie « consociative », système basé sur la répartition du pouvoir entre les différentes communautés. Ainsi le Président de la République est chrétien maronite (Michel Sleimane depuis mai 2008), le Président du Conseil des Ministres est musulman sunnite et le Président du Parlement est musulman chiite. Le Parlement est composé de 128 députés dont la moitié est musulmane et l’autre chrétienne. Les hautes fonctions de l’administration doivent également respecter l’équilibre communautaire.
Les postes au sein du Conseil des Ministres doivent respecter l’équilibre communautaire, même s’il n’y a pas de « ministères assignés » à des communautés en particulier. L’article 95 de la constitution libanaise prévoit que toutes les grandes communautés libanaises doivent être représentées dans le gouvernement.
Fouad Siniora, Président (Sunnite, Courant du Futur)
Issam Abou Jamra, Vice-Président (Grec orthodoxe, CPL)
Elias el Murr, ministre de la défense nationale (Grec orthodoxe, indépendant)
Talal Arslan, ministre de la jeunesse et des Sports (druze, Parti démocrate)
Ghazi Zeaiter, ministre de l’industrie (chiite, Amal)
Ghazi el Aridi, ministre des Travaux publics et des Transports (druze, PSP)
Ali Kanso, ministre d’Etat (chiite, PSNS)
Elias Skaff, ministre de l’agriculture (Grec catholique, indépendant allié au CPL)
Mohammad Jawad Khalifé, ministre de la santé publique (chiite, Amal)
Alain Tabourian, ministre de l’énergie et de l’eau (Arménien Orthodoxe, Tachnag)
Khaled Kabbani, ministre d’Etat (sunnite, courant du Futur)
Tarek Mitri ; ministre de l’information (Grec orthodoxe, indépendant)
Mohammad el Safadi, ministre de l’économie et du commerce (sunnite, indépendant)
Mohammad Fneich, ministre du travail (chiite, Hezbollah)
Jean Oghassabian, ministre d’Etat (arménien orthodoxe, Courant du Futur)
Fawzi Saloukh, ministre des affaires étrangères (chiite, indépendant proche du Hezbollah)
Bahiyya el Hariri, ministre de l’éducation et de l’enseignement supérieur (sunnite, courant du futur)
Wael Abou Faour, ministre d’Etat (druze, PSP)
Nassib Lahoud, ministre d’Etat (maronite, indépendant proche du 14 mars)
Tammam Salam, ministre de la culture (sunnite, indépendant)
Raymond Audi, ministre des déplacés (maronite, indépendant proche du 14 mars)
Youssef Takla, ministre d’Etat (maronite, indépendant)
Ibrahim Najjar, ministre de la justice (maronite, Forces Libanaises)
Mohammad Chatah, ministre des finances (sunnite, Courant du Futur)
Mario Aoun, ministre des affaires sociales (maronite, CPL)
Antoine Karam, ministre de l’environnement (maronite)
Ibrahim Chamseddine, ministre d’Etat pour la réforme administrative (chiite, indépendant)
Elie Marouni, ministre du tourisme (maronite, Kataëbs)
Ziad Baroud, ministre de l’intérieur et des municipalités (maronite, indépendant)
Gebrane Bassil, ministre des télécommunications (maronite, CPL)
Les communautés chrétiennes (64 sièges)
Maronites : 34
Grecs orthodoxes : 14
Grecs Catholiques : 8
Arméniens orthodoxes : 5
Arméniens catholiques : 1
Protestants : 1
Minorités diverses (assyriens, coptes, chaldéens,…) : 1
Les communautés musulmanes (64 sièges)
Sunnites : 27
Chiites : 27
Druzes : 8
Alaouites : 2
PIB (2009) : 30,90 milliards de dollars
PIB/hab (2009) : 8 029,03 $ par an
Taux d’inflation (2009) : 6,2 %
Balance des transactions courantes (2009) : -4,25 milliards de dollars
Taux de change (2007) : 1 $ = 1507, 50 livres libanaises
Valeur ajoutée en % du PIB des différents secteurs : agriculture 6,1% - Industrie 29% - services 70,9%
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