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Brèves

Italie : la criminalisation de l’immigration ou la dérive assumée vers la xénophobie

13 mai 2009

« Ces gens là arrivent ici non pas à cause d’une situation particulière dans leur pays ou parce qu’ils sont victimes d’injustice. Ils sont choisis scientifiquement par des organisations criminelles ! », a déclaré Silvio Berlusconi, le président du conseil italien pour justifier les nouvelles mesures de son projet de loi. Celui-ci, approuvé aujourd’hui par la chambre basse par 316 voix contre 258 grâce au vote de confiance (certains députés étant hésitants à le soutenir, Berlusconi a invoqué ce procédé pour s’assurer une large victoire), il prévoit que toute entrée ou séjour illégal en Italie devient un délit passible d’une amende allant jusqu’à 10.000 euros. Qui plus est, cette future loi allonge les séjours en centre d’identification et d’expulsion, qui passent désormais de deux à six mois. Enfin, alors qu’un vif débat a lieu en France quant à l’existence d’un « délit de solidarité » (lorsque l’on aide des clandestins), le gouvernement italien assume, lui, sa politique répressive : toute personne reconnue coupable d’avoir hébergé des clandestins risque une peine de prison allant jusqu’à trois ans.


Ce projet de loi fait en vérité partie du « paquet sécurité », inspiré par le ministre de l’Intérieur Roberto Maroni, issu du parti xénophobe de la Ligue du Nord. Outre les mesures déjà citées, ce paquet propose un fichage des sans-abri (l’assimilation sans-abri = danger est claire), l’instauration de « rondes citoyennes » dans certains quartiers des grandes villes et la dénonciation des sans-papiers par les médecins. Il s’attaque également aux immigrants en situation régulière, ces derniers devant s’acquitter d’une taxe allant de 80 à 200 euros à chaque renouvellement de permis de séjour…
Il est évident qu’une loi sur l’immigration était indispensable pour l’Italie qui figure en quatrième position parmi les pays recevant le plus de demandes d’asil,e selon l’ONG Conseil italien pour les réfugiés : en 2008, près de 36.000 migrants ont tenté l’expérience italienne via l’île sicilienne de Lampedusa. Mais le comportement du gouvernement semble inquiéter par les dérives qu’il assume. Les Nations Unies, le Conseil de l’Europe et le Vatican ont vivement critiqué le refoulement, et ceci à deux reprises, d’embarcations chargées de clandestins vers la Libye, sans même offrir la possibilité à ces derniers de déposer une demande d’asile politique. Cette attitude inflexible de Berlusconi est à mettre en relation avec sa visite en Libye, où il a rencontré le colonel Kadhafi : ce dernier, en acceptant des compensations pour la colonisation italienne, s’engage à reprendre les immigrants qui s’échappent de son pays pour tenter leur chance en Italie.
Et les mesures plus que discutables du gouvernement italien ne sembleraient être qu’à leur début : pour preuve, la Ligue du Nord a proposé la semaine dernière à Milan de réserver des places aux Italiens de souche dans les transports en commun…

Sources : Romandie, Mediapart, Canadian Press, Euronews, Le Monde

 

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