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La démocratie libanaise et sa lingua franca confessionnelle : les limites de la représentation et les déficiences de la légitimité

La diaspora libanaise au Canada : entre rassemblement communautaire et reproduction des clivages politiques

11 juin 2009

Par Charlotte Karagueuzian et Rima Chogri, collaboratrices à la Chaire Raoul-Dandurand


« Ils réussiront où ils seront » (Gibran Khalil Gibran). C’est en ces termes que le Maire de la ville de Montréal, Monsieur Girald Tremblay, s’est exprimé à la radio Moyen-Orient de Montréal lors de la signature du Protocole d’entente, le 13 mai 2009, entre l’Union Culturelle Libanaise au Québec et la municipalité de Montréal. Ce Protocole d’entente visait à commémorer le 125e anniversaire de la présence libanaise à Montréal. A cette occasion, la ville de Montréal a convenu de créer une Place du Liban, d’une superficie de 8000 pieds carrés, à l’intérieur du parc Marcel-Wilson.

Il est vrai qu’à travers l’histoire du Canada, l’immigration libanaise a joué un rôle significatif dans la dynamique économique et sociale du pays d’accueil. Les première (1859 à 1917) et deuxième (1938 à 1960) vagues d’immigration étaient essentiellement constituées de libanais travaillant dans le commerce, notamment le textile. Mais c’est surtout de 1968 à 1992 que les libanais ont immigré massivement au Canada. Cette dernière vague était formée, au tout début du moins, de jeunes gens ayant étudié au Canada et qui sont restés dans le pays du fait de l’incertitude liée aux débuts de la guerre au Liban en 1975. Eu égard aux contraintes économiques qui frappaient le Liban au sortir de la guerre, la vague d’immigration libanaise au Québec la plus massive s’est effectuée précisément entre 1989 et 1992 ; essentiellement familiale, on l’estime à quelques 120 000 immigrants libanais. Par ailleurs, ces dernières années, de plus en plus d’étudiants libanais inscrits dans les universités canadiennes demandent la résidence permanente au Canada.

Aujourd’hui, on peut compter environ 400 000 libanais au Canada, actifs dans tous les secteurs de l’économie canadienne. Bien qu’ils soient disséminés à travers tout le Canada, on les retrouve principalement en Ontario, ainsi que dans la région francophone du Québec, dans le Grand Montréal. Outre leur réussite professionnelle, les Libanais du Canada ont su développer un sentiment d’appartenance vis-à-vis de leur pays d’accueil. L’importance de la diaspora libanaise au Canada a grandement participé au rapprochement diplomatique entre les deux pays. Les visites bilatérales de haut niveau se sont succédées, comme l’atteste la présence de l’ancien Premier ministre canadien Jean Chrétien à Beyrouth en octobre 2002, lors du Sommet de la Francophonie. En outre, les échanges culturels et universitaires entre le Liban et le Canada, et notamment le Québec, continuent de prendre de l’ampleur.

La diaspora libanaise au Canada s’est donc bien intégrée, mais elle n’oublie pas pour autant ses origines. Des initiatives privées découlant de cette communauté sont à l’origine de multiples investissements au Liban. Au plan culturel, il existe également de nombreuses associations libanaises au Canada. Certaines à caractère humanitaire, comme Lebanus, visent à ramasser des fonds pour promouvoir l’éducation des jeunes défavorisés au Liban. La plupart de ces associations permettent à la diaspora de promouvoir la culture libanaise dans leur pays d’accueil et de se soutenir mutuellement dans leur intégration au Canada. Elles ont également pour but d’échanger sur des thématiques culturelles et politiques liées à leur pays d’accueil, voire essayer de dépasser les clivages communautaires que l’on retrouve au Liban. La nouvelle génération de libanais au Canada est très active dans ce domaine, comme l’atteste la Fédération des Étudiants Libanais à Montréal (Tollab). Dans le même esprit, plusieurs églises et mosquées fréquentées par la communauté libanaise ont été fondées au Canada afin de rassembler les libanais par le ressourcement spirituel, social et culturel.

Observatoire dirigé par Barah Mikaïl, chercheur à l’IRIS.
En partenariat avec



 

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