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Analyse du jour

L‘« ivoirité » à nouveau au cœur des conflits et des reports de l’élection présidentielle en Côte d’Ivoire

16 février

par Philippe Hugon, directeur de recherche à l’IRIS

Vendredi 11 février, Laurent Gbagbo a dissous le gouvernement, en se référant à l’article 48 de la Constitution ivoirienne, ainsi que la commission électorale. Il a demandé au Premier ministre Guillaume Soro de former lundi 15 février un nouveau gouvernement. Une nouvelle commission électorale devrait se constituer dans les 8 jours. Pour l’opposition, cette décision est un aveu du risque de perte des élections de la part de Laurent Gbagbo. L’élection programmée en mars a été reportée cinq fois depuis 2005.


L’établissement des listes électorales a été suspendu officiellement en raison des 429.000 électeurs supposés frauduleusement inscrits sur des listes électorales provisoires, et de la montée de la tension autour de ce dossier dans le pays. Selon l’opposition, des juges ont été commis par le pouvoir pour rayer des noms sur la base du délit de patronyme. Le chef de l’Etat et le président de la commission électorale, Robert Beugré Mambé, issu de l’opposition, divergeaient sur la composition des listes. Des manifestations contre la suppression des listes électorales de plusieurs centaines de milliers de noms par les fonctionnaires favorables à Laurent Gbagbo ont eu lieu dans l’Ouest du pays. Elles se déroulaient depuis plus d’une semaine dans diverses villes. Les Nations unies ont lancé un appel au calme. Les adversaires de Laurent Gbagbo, Alassane Ouattara et Konan Bedié, accusent Gbagbo de manœuvres visant à repousser sans cesse le choix des urnes. Le médiateur Facilitateur, Blaise Compraoré, a reçu le 11 fevrier les différents protagonistes mais semble démuni de pouvoir. La question du déni de nationalité continue, comme on le voit, d’être au cœur du conflit.

Le terme d’ivoirité fondé sur des critères ethniques remonte à Konan Bedié et a été reprise par Laurent Gbagbo. Il visait à interdire à l’ancien Premier ministre Alassane Ouattara, originaire du Nord, de se présenter. La priorité était donnée aux Akans ou Bétés du Sud sur les originaires du Nord et les immigrés du Burkina Faso. La question des frontières, cicatrices de l’histoire coloniale, divise le Sud et le Nord de la Côte d’Ivoire qui a été durant une partie de l’époque coloniale rattachée à la Haute Volta.

Le pays est ainsi coupé en deux depuis 2002-2003 avec une situation de ni guerre ni paix. La présence de 7000 casques bleus et de 900 soldats français de la Licorne rend impossible des conflits généralisés mais le désarmement des milices pro Gbago et des Forces nouvelles du Nord n’a pas vraiment eu lieu. Certes les symboles de l’Etat sont de retour (drapeau), et la zone de confiance a été démantelée, mais le désarmement n’a pas eu lieu. Le pays a un pouvoir bicéphale. Le Nord est organisé selon un système « féodal » selon le rapport des Nations unies de 2009. Les forces armées des forces nouvelles (FAFN) sont maîtres du terrain, contrôlent les ressources naturelles et le commerce (de l’essence, du coton, du cacao). Elles assurent la sécurité, et pratiquent des péages et rackets. Leurs fonds financent les achats d’armes ou sont placés au Burkina Faso, au Mali ou dans les paradis fiscaux. Au Sud, Abidjan vit dans le désordre, et la corruption est généralisée. Le cacao et les prébendes sont la base de financement du pouvoir.

Laurent Gbagbo n’ira aux élections que s’il est sûr de les gagner. Pour l’instant les deux camps campent sur leur position et n’ont pas intérêt aux élections. Le gouvernement d’« union nationale » formé par Guillaume Soro ne fera pas appel au rassemblement des Républicains (RDR) d’Alassane Ouattara, ni au PDCI-RDA de Konan Bédié. Ceux-ci laisseront-ils Guillaume Soro et Laurent Gbagbo éviter les élections ? La communauté internationale qui a dépensé des sommes considérables pour ces élections et les forces d’interposition laissera-t-elle faire ? Cette nouvelle crise ivoirienne trouvera-t-elle une solution en définitive par le choix des urnes ou les armes, à nouveau, seront-elles présentes dans un pays stratégique pour l’Afrique de l’Ouest ?

 
 

Forum

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5 Messages de forum

  • par TOHOURI yannick. le vendredi 11 février, Laurent Gbagbo président de la République a pris sur lui, la décision de dissoudre le gouvernement puis la Commission électorale Indépendante ( CEI).Il convient de faire l’analyse de cette décision exceptionnelle dans un contexte politique fragilisée depuis la rébellion de septembre 2002. Dès lors, elle nous permettra de mettre en exergue d’abord les raisons évocables puis les enjeux d’une telle décision 1- les raisons de la dissolution du gouvernement et de la CEI par le président Gbagbo l’hétérogénéité dudit gouvernement empêche la mise en œuvre effective et l’application des décisions de l’exécutif car au sein de cette équipe chacun y défend malheureusement sa chapelle politique en lieu et place de l’intérêt national hormis quelques exceptions. dans un tel contexte, est-il réellement possible de mener une politique de sortie de crise ? Laurent Gbagbo peut il valablement "diriger" ? l’Intérêt national ne prévaut t-il pas sur les penchants mesquins d’une classe politique ? En ce qui concerne la CEI, force est de constater que depuis le mois de Janvier 2010,elle fait et defait l’actualité ivoirienne avec la question des 429000 inscrits sur décision unilatérale du sieur Mambé. Contrairement au mode opératoire de cette structure,l’ex president Beugré Mambé, en déhors des règles préétablies et malgré le refus des parties impliquées dans la gestion du contentieux en l’occurrence la SAGEM et l’INS, a décidé d’intégrer des personnes sur la liste électorales.cf rapport de l’enquête du Procureur de la République de Côte d’ivoire. S’il est vrai que le Droit est divin donc sacré et que la force d’un États réside dans sa capacité à dire le droit, peut-on raisonnablement maintenir le président de la CEI en raison de certaines considérations politiques qui voudraient faire l’Eloge de la tricherie ?

    2- les enjeux de cette décision

    cette décision vise à remettre de l’ordre dans la "maison" car faut-il le rappeler, la Côte d’ivoire a besoin plus que jamais de personnes capables de conduire le peuple ivoirien à une sortie de crise dans le respect des lois que ce pays s’est prescrit. Aussi convient-il de souligner que SORO guillaume a été reconduit au poste de premier Ministre avec pour mission de proposer un nouveau gouvernement et un archétype nouveau de le CEI.

    in fine il faut retenir que cette mesure exceptionnelle était plus que nécessaire. la Côte d’Ivoire a besoin de sortir de cette crise mais surtout de bien en sortir c’est pourquoi il convient d’extirper toutes les gangrènes avant qu’elles ne se muent en cellules cancérigènes.

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  • Cet article mérite d’être corrigé sur quelques points importants.

    - Le processus électoral prévoit des règles précises pour l’inscription sur les listes électorales. Dérogeant à ces règles, le président de la CEI a fait établir une liste de 429000 électeurs parmi les cas litigieux résultant d’une première phase de l’enrôlement électoral. De façon inexpliquée, cette liste a été envoyée aux CEI locales, seules habilitées à procéder aux inscription. C’est l’objet de la polémique entre le camp présidentiel et le président de la CEI.

    - De façon indépendante, des radiations par centaines d’électeurs déjà inscrits, sur demande du camp présidentiel et pour vice de procédure, ont provoqué des manifestations au début du mois.

    - À l’issue des dernières consultations à Ouagadougou, Blaise Compaoré a curieusement choisi de ne pas s’exprimer. Le médiateur refusant d’assumer le rôle que lui confère l’accord de 2007, c’est-à-dire celui de trancher sur la polémique, celle-ci s’est transformée en crise.

    - Le nord ivoirien n’a jamais été rattaché à la Haute Volta, c’est cette dernière qui a été en grande partie rattachée à la Côte d’Ivoire ; c’est la rébellion de septembre 2002 qui a divisé la Côte d’Ivoire en deux.

    - L’image d’un pouvoir bicéphale est bien trop sage. Le pays possède des institutions qui ne maîtrisent que le sud et sont déchirées par les luttes de pouvoir. Tandis qu’au nord, une coalition de chefs de guerre rebelles se partage les richesses et entretient l’insécurité.

    - Au cacao et aux prébendes, il faut surtout ajouter le pétrole et les revenus du port d’Abidjan, comme financement du pouvoir.

    - Le dernier paragraphe est une conclusion bien partisane, que chacun réécrira à sa guise selon qu’il est en faveur d’untel ou untel.

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  • J’ai été très deçu par cet article. Et si je voulais être vulgaire, je dirai que ce monsieur est un menteur. Il ne maitrise rien dans le conflit ivoirien. Je suis du sud de la Côte d’ivoire, et après l’enrolement la CEI m’a demandé de justifier ma nationalité. Chose que j’ai eu à faire. Et j’ai eaucoup de gens dans mon cas qui ont été justifier leur nationalité. Je suis persuadé que ce monsieur est probablement un blanc. Sans doute un de ceux qui manipulent, les africains. On voit bien que ce monsieur n’est pas du tout objectif. Et bien entendu, son institut à dù toucher un petit chèque pour raconter des choses qui le plus souvent sont dans le journal le "patriote". Et je suis sûr qu’en privé ce type doit se présenter comme un homme de pais. ce qui est certain c’est que c’est un vrai menteur.

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    • La tribune de l’iris est dediée à l’analyse stratégique de la politique internationale et y meler des propos de nature injurieuse ne sied pas en la circonstance. vous pouvez etre en desaccord avec l’auteur de l’article et c’est tant mieux. la critique doit dans ce cas concerner les arguments avancés et non la personne de son auteur. votre reaction est typique de la manière dont la politique est faite dans les cercles obscurantistes de la ’’sorbonne au plateau’’ où injures, raisonnements plats et théories du complots sont presentés comme arguments valables de persuasion.Sans entrer dans le fonds de vos propos qui transpirent la haine et la xénophobie, je m’arreterais à la forme pour vous poser la question suivante : peut-on encore dire la vérité lorsqu’on a des arguments contraires à ceux du président gbagbo ? autrement dit existe-il une autre aune de vérité dans votre entendement à part les sacro-saint discours de la réfondation ?

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  • monsieur le directeur, je voudrais commencer par le terme "analyse" dont votre article semble se réclamer. il me dérange quelque peu. puis que en terme d’analyse, c’est plutot un rappel plat d’évenements malheureusement mal connus ou l’analyse objective digne d’un chercheur (?)laisse la place à des commentaires hésitants et quelque peu hasardeux.

    POURQUOI ?

    1- vous reconnaissez que Bédié est le créateur de l’ivoirité.mais vous etes étonnament muet sur le fait qu’il soit aujourdh’ui à combattre cette ivoirité (que vous pretez soudainement à gbagbo) au point d’apeller à la désobéissance civile,aux casses et tueries qui viennent de secouer ce pays.l’éventualité d’une comédie politique n’est elle pas envisageable dans l’opposition ivoirienne ?

    2- vous jeter à notre face la décision "farfelue" et meme d’"humeur" de dissolution de la CEI et du gouvernement sans montrer combien ilest délicat et démocratiquement insensé d’avoir une commission électorale dite indépendante pilotée et quadrillée cependant par des membres actifs et affichés de partis politiques de l’opposition. 3- enfin vous reconnaisez que le nord du pays est toujours tenu par la rebellion.vous reconnaissez que la france a dépeché 900 soldats (ils sont en réalité plus de 2500).vous évoquez le report successif des élections qui serait du fait de gbagbo. je pense que plutot que de lacher ces faits de facon éparse dans la nature et pointer du doigt la "félonie" ou la "fourberie" de gbagbo,la rigueur scientifique devrait vous mener à relever le lien entre ceux ci. LE voici : la loi ivoirienne n’autorise aucune élection aussi longtemps qu’une portion du territoire est sous occupation. IL N’est un secret pour personne, la force licorne n’est nullement en cote d’ivoire pour une quelconque paix.mais plutot pour entrainer,équiper et soutenir la rebellion que la france chiraquienne a fabriquée.autrement dit elle n’aurait jamais attaqué l’aviation ivoirienne au moment ou celle ci était sur le point d’en finir avec la rebellion (2004-bouaké) IRIS est une instituion respectable ne la trainez pas dansla boue et les immondices des néocolonialistes nécessairement et irrémédiablement déphasés qui n’ont d’autre réalité que le confort millénaire que leur procure leur douce chaine...pardon SEINE

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