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Analyse du jour

Stratégies de la présidence française des G8/G20

10 novembre 2010

Par Béligh Nabli, directeur de recherche à l’IRIS

Au terme du sommet de Séoul (des 11 et 12 novembre), la France héritera de la présidence du G20 pour un an, succédant ainsi à la Corée du Sud. Dans la foulée, elle assumera également la présidence du G8 à partir du 1er janvier 2011. Cette double présidence française est l’occasion pour le chef de l’Etat de redorer son blason - sur la scène nationale et internationale - et de promouvoir une certaine conception de la gouvernance mondiale. À cette fin, la stratégie diplomatique de la France devra allier prudence/modestie et volontarisme/ambition politiques. Le succès de cet exercice d’équilibriste dépendra notamment de la qualité de l’organisation de la présidence française sur le plan politique, administratif, logistique et financier.


Les priorités politiques de la présidence française des G8/G20

L’unilatéralisme n’est pas le mode adéquat pour l’exercice de la présidence du G8 et du G20. Cette fonction s’inscrit en effet dans un jeu complexe - alliant rapport de forces et multilatéralisme - qui structure le fonctionnement de ces enceintes. La diplomatie française est donc vouée à pratiquer l’art du compromis. Ce travail de concertation a commencé avec la visite d’Etat en France du président chinois Hu Jintao, et se prolongera à travers une série de rencontres bilatérales entre Nicolas Sarkozy et certains de ses homologues, notamment Barack Obama, lors d’une visite à Washington fixée pour le 20 décembre. Celle-ci sera l’occasion pour le président français de convaincre la Maison blanche de participer au G8.
Ces échanges n’excluent pas l’initiative personnelle et la mise en avant de certains dossiers prioritaires aux yeux de la présidence française. Conformément à ses prérogatives constitutionnelles, c’est au chef de l’Etat qu’il revient de définir les priorités et positions politiques de la France dans le cadre de l’exercice de la présidence du G20. Celles-ci ont été déclinées lors du traditionnel discours annuel de politique étrangère devant la Conférence annuelle des Ambassadeurs, le 25 août 2010, avant d’être précisées dans le discours d’ouverture du XIIIe Sommet de la Francophonie à Montreux le 23 octobre dernier.
La première priorité porte sur la réforme du système monétaire international, car l’instabilité des changes fait peser une lourde menace sur la croissance mondiale. Sur le modèle des travaux qui ont abouti aux accords de Bretton Woods, la France suggère la tenue d’un séminaire de spécialistes chargés de réfléchir aux moyens de renforcer nos mécanismes de gestion de crise, de définir un actif de réserve international qui ne soit pas émis par un seul pays et de mieux coordonner les politiques économiques et monétaires.
La seconde priorité est relative à la lutte contre la volatilité du prix des matières premières. La France incitera le G20 à se pencher sur le fonctionnement même des marchés de dérivés des matières premières et à mettre en place des mesures de transparence ainsi qu’un dialogue approfondi entre producteurs et consommateurs pour limiter les fluctuations des cours de l’énergie.
Troisième priorité française : la réforme de la gouvernance mondiale à travers le G20 et le Conseil de sécurité de l’ONU. Afin de donner les moyens au G20 d’être le « principal forum » mondial pour les questions économiques et financières, la France soutient la création d’un secrétariat pour suivre en permanence la mise en œuvre des décisions prises et instruire les dossiers, en liaison avec toutes les organisations internationales concernées. La France propose également d’élargir les compétences du G20 aux problématiques du développement et du financement du climat. Au sujet du Conseil de Sécurité de l’ONU, le chef de l’Etat devrait revenir sur l’idée d’élargir le cercle des membres permanents à des Etats émanant des continents africain et sud-américain, tout en soutenant les candidatures de l’Inde, de l’Allemagne et du Japon.
Enfin, la dernière priorité officielle de la présidence française porte sur les financements innovants pour aider les pays pauvres à se développer. Le président de la République devrait défendre l’idée d’une taxe sur les transactions financières et plus généralement des financements innovants pour lutter contre la pauvreté, favoriser l’éducation et résoudre les grandes pandémies sanitaires de la planète.
Pour le président de la République, seul le G20, « créé sur proposition de la France » comme il ne manque jamais de le rappeler, « dispose du poids spécifique, de la légitimité et de la capacité de décision nécessaires pour donner les impulsions indispensables aux chantiers de demain ». Toutefois, contrairement aux États-Unis, la France tient à la pérennité du G8 dont le prochain sommet aura lieu au printemps 2011 à Nice.

L’organisation spécifique de la présidence française des G8/G20

La Présidence française des G8 et G20 représente un enjeu organisationnel. « Compte tenu de l’importance des enjeux et de l’attention qu’y portent tous ses partenaires », la double-présidence du G8/G20 « appelle à la mobilisation de tout l’appareil diplomatique français », a déclaré Pierre Sellal, secrétaire général du Quai d’Orsay. Une instance interministérielle placée auprès du Premier ministre a été spécialement créée par le décret 2010-833 du 22 juillet 2010 : le secrétariat général de la présidence française du G20 et du G8 (1). Celui-ci a pour fonction de coordonner les événements, réunions et manifestations, dans un souci d’étroite coordination et de maîtrise des coûts.
En pleine rigueur budgétaire, le chef de l’Etat a cherché à éviter toute polémique sur le coût des futurs sommets des G8 et G20 en France. Il est vrai que les 171 millions d’euros dépensés par la présidence française de l’Union européenne au second semestre 2008, l’une des plus coûteuses de l’histoire, avait été sévèrement critiqué à l’époque (y compris par la Cour des comptes). Prévus dans le projet de loi de finances 2011, les moyens financiers destinés à assurer les responsabilités qui incombent à l’État au titre de cette double présidence sont ouverts au sein d’un programme spécifique à la « présidence française du G20 et du G8 » placé auprès du ministère des Affaires étrangères et européennes, compte tenu de son expérience de gestion des évènements diplomatiques. Ce programme financier est doté de 60 millions d’autorisations d’engagement et de 50 millions de crédits de paiement pour couvrir spécifiquement les dépenses liées à six types d’actions (hors frais de sécurité) : l’organisation du sommet du G8 ; l’organisation du sommet du G20 (en prévision, ces deux actions devraient absorber 75 % des crédits) ; l’action diplomatique préparatoire aux sommets ; les réunions relevant du ministère des Affaires étrangères et européennes ; les réunions relevant du ministère de l’Économie, de l’industrie et de l’emploi ; ainsi que les activités interministérielles dites biens collectifs.

Le chef de l’Etat compte sur l’exercice de cette double présidence des G8 et G20 pour soigner sa stature internationale et gagner en crédibilité sur le double échiquier politique national et mondial. La séquence se clôturera (fin 2011) à la fin du mandat de Nicolas Sarkozy. Un moment stratégique pour parfaire le bilan de l’action internationale du chef de l’Etat à l’approche de l’échéance présidentielle. Ainsi, à 18 mois de l’élection présidentielle, l’évènement international que constitue la présidence d’un G20 est un évènement politique national qui pèsera incontestablement sur son éventuelle élection pour un second mandat présidentiel.

(1) Franck GELLET, conseiller des affaires étrangères, a été nommé secrétaire général de la présidence française du G20 et du G8.

 

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