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Bilan et perspectives de l’année 2008

BILAN ET PERSPECTIVES AU MOYEN-ORIENT

7 janvier 2009

par Barah Mikaïl, chercheur à l’IRIS


Sans surprise aucune, 2008 n’aura pas permis au Moyen-Orient en général, et au Proche-Orient en particulier, de s’engager sur une voie réellement prometteuse. Israël-Palestine ; Irak ; Syrie-Liban ; trois épines durables plantées dans le talon d’une région tout sauf stable. Le tout sur fond de fourvoiement toujours aussi intact de l’Administration Bush dans des politiques régionales erronées, ainsi que de capitalisation des pays du Golfe arabo-persique sur des stratégies politiques pas toujours de bon augure.

Israël-Palestine

Convient-il réellement de s’en étonner ? Le conflit israélo-palestinien n’a toujours pas été réglé à l’heure qu’il est. Et pour cause : une fois encore, Israël et Territoires palestiniens ont eu tendance à se faire miroir. D’un côté comme de l’autre en effet, les perspectives internes l’ont emporté le plus souvent sur les conditions pour une possible reprise des contacts politiques en vue de négociations pour la paix. Les Palestiniens, tiraillés qu’ils sont politiquement par les surenchères mutuelles du Hamas et du Fatah, ont ainsi leur part de responsabilité dans le blocage de leurs perspectives internes. Les Israéliens, pour leur part, occupés une partie de l’année 2008 par les affaires de corruption reprochées au Premier ministre Ehud Olmert, s’engagent finalement vers des élections législatives anticipées prévues pour le 10 février 2009. Quant au fameux sommet d’Annapolis de 2007, si fréquemment pris en référence pour dire qu’une paix israélo-palestinienne eut pu être possible au départ de 2008, il n’a pas plus de substance que le rôle des Européens dans la région. L’intensité des violences intervenues depuis l’offensive israélienne dans la bande de Gaza de décembre 2008 montre qu’il y a, de la part des Etats-Unis en particulier, peu de chances d’assister à une réelle inflexion de leur politique pro-israélienne. Si Barack Obama a toutes les chances de vouloir accompagner le conflit israélo-palestinien de médiations et tractations diplomatiques diverses, cela ne signifie pas pour autant qu’il réussira à y imposer une quelconque solution, à moins que l’Etat hébreu n’en décide lui-même autrement.

Irak

D’aucuns cherchent pour leur part à voir, à travers les évolutions irakiennes, le signe – toujours bienvenu car rare - d’une amélioration des perspectives dans un endroit au moins au sein du Moyen-Orient. Les violences ont en effet, dans leur globalité, baissé en intensité sur le territoire national ; les élections provinciales, convoquées sauf changement de dernière minute pour le 31 janvier 2009, expriment selon certains la « vitalité démocratique » de la société irakienne ; le futur des relations américano-irakiennes, quant à lui, semble devoir être fonction d’un accord de sécurité qui, bien que laborieusement conçu et obtenu, prévoit cependant un retrait américain officiel d’Irak au 31 décembre 2011 ; le tout dans un contexte où c’est le gouvernement irakien lui-même qui n’a pas hésité à parler, dès le début du mois de janvier 2009, de la réappropriation de sa souveraineté.
Personne ne saurait bien entendu nier le fait que les perspectives sécuritaires irakiennes sont bien plus reluisantes que ce qu’il en était il y deux ans encore. Mais cela ne saurait pour autant nous pousser à exagérer nos attentes de la part des évolutions irakiennes. Plus que tout en effet, le pays a eu le temps de s’organiser en entités fédérales quasi-autonomisées, que ce soit dans le Nord du pays (à majorité kurde), le Centre (oscillant entre zones à majorités sunnite et sunno-chiites) et le Sud pris dans son sens large (plus franchement chiite). Cette dernière région est la plus en proie à des rivalités politiques interchiites qui n’augurent pas beaucoup de bon pour ce qui se rattache aux post-élections du 31 janvier 2009. De part et d’autre du pays, ce sont les conditions de subsistance, en effet, au départ d’une maîtrise des rentrées générées par l’exploitation des hydrocarbures, qui entretiennent les aspirations de presque chacune des formations politiques du pays. Sans oublier en parallèle que, parmi les pierres d’achoppement restées tout aussi vivantes en Irak, demeurent, entre autres, les questions de l’avenir des villes de Kirkouk et de Mossoul (revendiquées par le Kurdistan), celui des conditions d’exploitation des ressources énergétiques nationales, ou encore l’avenir des tribus irakiennes qui avaient été achetées à partir de la mi-2007 par les Américains aux fins de lutte contre al-Qaïda. Un al-Qaïda qui, pour sa part, est loin d’être exclusivement à l’origine des violences régnant en Irak, dans un contexte où il est certain que le déploiement affiché de l’armée irakienne à l’échelle nationale ne saurait leurrer pour autant. Le gouvernement irakien et ses forces de sécurité demeurent en effet tout sauf à même de maintenir la sécurité nationale, que ce soit sur un plan interne ou régional. Ce n’est d’ailleurs pas par hasard que l’on a pu voir la Turquie abonder à quelques reprises, en 2007 et 2008, dans le développement d’une stratégie anti-PKK que Bagdad, pas plus que les instances d’Erbil ou de Sulaymaniyé, ne pouvaient – ou ne voulaient – mettre à mal.

Syrie, Liban et pays du Golfe

Les relations syro-libanaises semblent s’être engagées vers une voie un peu plus prometteuse que ce qui prévalait au début de l’année 2008 encore. En mai dernier en effet, l’accord de Doha a permis aux différents protagonistes de la scène politique libanaise de se mettre d’accord sur la désignation d’un nouveau président de la République, puis la formation d’un gouvernement d’union nationale. En parallèle, cet accord, que beaucoup ont mis, probablement de manière exagérée, au crédit de la Syrie et de sa « bonne volonté », a en tous cas permis un réchauffement des relations syro-libanaises qui pourrait aboutir, en 2009, à la nomination d’un ambassadeur syrien au Liban.
Cela dit, il serait erroné de croire que le Liban, au même titre que les relations syro-libanaises en général, seraient maintenant engagés vers une voie prometteuse. L’institution officielle du « Tribunal Hariri », prévue sauf changement pour le 1er mars 2009, ne manquera en effet sûrement pas d’apposer une forme d’inflexion pas nécessairement positive aux relations Damas-Beyrouth. Les élections législatives libanaises du printemps 2009, quand bien même elles seront maintenant fonction d’une nouvelle Loi électorale, ne devraient pas bouleverser l’équilibre des forces politiques présent aujourd’hui dans le pays, mais cela ne prémunit pas pour autant de tensions et surenchères politiques devenues habituelles. Le tout sans oublier que, au risque toujours présent d’un nouvel embrasement des perspectives israélo-libanaises, s’ajoute celui de voir de nouveaux attentats et tentatives d’assassinat toucher à nouveau le pays. Chose qui, bien entendu, jetterait beaucoup d’huile sur le feu dans un contexte où le Liban aussi, comme la Syrie, ont également des soucis à se faire du fait de la présence d’un risque djihadiste sur leurs territoires respectifs.

Enfin, du côté du Golfe arabo-persique, si personne ne saurait parier sur une guerre de type arabo-iranien à courte échéance, cela ne signifie pas pour autant que les animosités soient absentes. C’est l’Arabie Saoudite qui, pour beaucoup, et en dépit des apparences, continue à entretenir une obsession anti-iranienne qui va jusqu’à la pousser à voir derrière le Hezbollah libanais, le Hamas palestinien, la Syrie ou encore ses propres nationaux chiites de vulgaires pions agissant au service de l’Iran. Dans les faits, l’Iran a renforcé sa posture régionale le long de ces six dernières années, certes ; mais cela n’en fait pas pour autant une puissance régionale omnipotente. Sa volonté de maîtriser la chaîne d’un programme nucléaire civil est en effet assumée, et la tentation en découlant de développer des compétences militaires nucléaires amplement présumée ; mais cela ne veut pas pour autant dire que Téhéran a pignon sur rue contre le gré de tous. L’ancienne Perse, parce que Perse, est en effet loin de pouvoir gagner le cœur des Arabes, chiites soient-ils ou non ; et le fait pour le président Mahmoud Ahmadinejad de devoir éventuellement céder sa place à une autre personne à l’occasion des élections du printemps 2009 ne changera pas grand-chose à la donne de ce côté-ci. Par contre, rien n’empêche de penser que ces perspectives présidentielles puissent permettre à l’Iran de gagner du temps : à Washington en effet, comme à Tel-Aviv, les attentes sont grandes de pouvoir compter sur un nouveau chef iranien de l’Exécutif qui, à défaut de pouvoir être pro-Américain (et encore moins pro-Israélien), pourrait néanmoins se révéler moins verbalement menaçant pour certains Etats de la région.

 

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