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Bilan et perspectives de l’année 2008

RETROSPECTIVE 2008 ET PERSPECTIVES 2009 : L’ASIE DANS TOUS SES ETATS

7 janvier 2009

par Olivier Guillard, directeur de recherche à l’IRIS


2008, à des lieues de la sérénité. Dans la composite Asie-Pacifique, l’année écoulée ne restera pas dans les annales régionales comme un modèle de quiétude. Il est vrai que cette dernière ne nous a pas habitués ces dernières années à un long fleuve tranquille… 2008 n’y fera pas exception. Aux divers théâtres de crise « en cours » (Afghanistan ; Pakistan ; Sri Lanka) se sont entre autres additionnés un panel d’événements et de situations diverses contribuant bien peu à la sérénité régionale ; des péripéties d’ordre politique notamment, avec l’éruption d’un différend frontalier entre les royaumes du Cambodge et de la Thaïlande (cf. temple Preah Vihear), une crise du pouvoir n’en finissant pas de paralyser la vie politique et économique dans l’ancien Siam, la poursuite de l’instabilité gouvernementale dans l’archipel nippon, des avancées et des revers en série sur le dossier nucléaire nord-coréen, etc. Lorsque le fait de l’homme n’était pas en cause, la nature se rappela, douloureusement, à son « bon » souvenir, démontrant l’extrême exposition de la région aux phénomènes naturels : en Birmanie tout d’abord, le cyclone Nargis frappa le delta de l’Irrawaddy (2 mai ; 140 000 victimes) ; 10 jours plus tard, la Chine subissait à son tour les conséquences d’un violent séisme (magnitude 7,9 ; 70 000 disparus) au Sichuan. Enfin, le tsunami financier international a bel et bien prolongé ses ondes de choc en Asie, n’épargnant aucune économie, à commencer par ses ténors régionaux (Chine, Japon, notamment).

L’Asie en crise ; l’enlisement. En Afghanistan, où 70 000 soldats étrangers (dont 3 200 français) placés sous l’autorité de l’OTAN apportaient pour la 7e année consécutive leur concours à la fragile administration Karzai, 2008 se lit avec une évidente amertume : l’expansion de l’insurrection talibane s’est confirmée en diverses régions jusqu’alors plus préservées (nord ; ouest), étendant désormais sa menace aux 3/4 du pays. Depuis les zones tribales pakistanaises, ces terres de non-droit et base arrière des Talibans afghans et pakistanais, les attaques contre les forces de l’ISAF se sont diversifiées, intensifiées, multipliées. Longtemps jugé hors de propos, le dialogue avec certains représentants talibans pour sortir de l’impasse actuelle a gagné en crédit ces derniers mois.

De l’autre côté de la Ligne Durand, le Pakistan a (encore) vécu une année d’une redoutable densité, alternant bonnes et mauvaises nouvelles sur une trame hélas coutumière. Un an après l’assassinat de Benazir Bhutto, le pays a vu revenir aux commandes un gouvernement démocratiquement élu (février), les 9 années de gestion militaro-militaire du Général P. Musharraf arriver à leur terme (août) et l’élection du veuf de B. Bhutto à la Présidence (septembre) se réaliser. Entre-temps, des zones tribales au Baloutchistan, de la vallée de Swat à Karachi, d’attentat-suicides (cf. hôtel Marriott d’Islamabad en sept.) en défiances diverses, l’autorité de l’Etat a été mise à rude épreuve.

Plus au sud dans le sous-continent indien, le Sri Lanka a vécu douze mois de conflit ininterrompu, le gouvernement promettant la chute imminente de la guérilla séparatiste tamoule du LTTE (les « Tigres »), désormais repliée sur ses derniers bastions du nord (Kilinochchi ; Mullaitivu). Des Tigres dont les griffes et les coups de dents demeurent cependant capables des pires plaies (cf. attentats-suicides ; assassinats).

De l’autre côté de la baie du Bengale, 2 500 km plus à l’Est, une autre capitale (sud-est asiatique cette fois) traversa 2008 au rythme du chaos : Bangkok. Entre manifestations permanentes et paralysie, prise en otage des institutions (gouvernement) et des infrastructures (cf. aéroports), procès, destitutions et autre déni de démocratie, l’ancien Siam aura vu défiler pas moins de 3 Premiers ministres différents ! Le seul fait d’avoir échappé à un nouveau coup d’Etat militaire ne saurait suffire à passer ce terrible passif annuel sous silence. La Thaïlande qui, en bilatéral également, connut quelques moments tendus (mobilisation de troupes et échanges de feu à la frontière avec le Cambodge - juillet et octobre - ; contentieux sur le temple de Preah Vihear).

La Chine, entre émeute, condamnation et célébration. La République Populaire de Chine ne traversa pas 2008 dans l’anonymat. L’année du 30e anniversaire de sa « réforme » est également accompagnée de diverses saveurs ; pas toutes du goût de Pékin. Si 2008 fut bien sûr et avant tout la consécration de son rêve olympique (JO de Pékin en août), elle fut également le témoin de divers cauchemars douloureux, à commencer par la tragédie du séisme du Sichuan (70 000 morts), un trimestre avant l’ouverture des Jeux. Deux mois plus tôt, en mars, la « région autonome » du Tibet avait connu une montée de colère donnant lieu à des débordements violents, à Lhassa notamment, entre jeunes tibétains et forces de l’ordre. La répression cinglante des autorités laissa entrevoir le peu de marge que Pékin accorde à la partie adverse sur ce sujet sensible. Une gestion « musclée » qui, alors que la flamme olympique traversait pays et continents, donna lieu à quelques démonstrations hostiles au régime chinois (Londres et Paris notamment). Sur un registre tout aussi sensible mais habilement désamorcé par une alternance présidentielle à Taipei (cf. élection du Pdt Ma Ying-jeou en mars, nationaliste… mais non indépendantiste), Pékin peut en revanche se féliciter de l’amélioration très significative de ses rapports avec Taiwan, « sa » province rebelle (cf. 1ers vols réguliers entre Taïwan et la Chine continentale en décembre).

L’ASIE DES « BONNES SURPRISES »… Ne boudons pas notre plaisir ; des surprises ou « bonnes nouvelles », il y en eut fort peu. Raison supplémentaire pour les esquisser d’un mot :

- Pakistan : succès des forces démocratiques aux élections législatives (février) ; démission de l’ex-général Musharraf de la Présidence (août) ; élection du Président A.A. Zardari (sept.) ;

- Corée du nord : concert de l’orchestre philharmonique de New York à Pyongyang (février) ; la Corée du nord « disparaît » de la liste américaine des Etats sponsors du terrorisme (octobre) ;

- Maldives : succès là encore du courant démocratique ; après 30 années de « règne », le Président M.A. Gayoom laisse la place au Président Mohamed Nasheed (oct.) ;

- Chine : amélioration des rapports entre Pékin et Taipei (cf. plus haut) ;

- Asie orientale : 1er sommet tripartite Chine, Japon et Corée du sud (Fukuoda ; déc.) sur fond de crise économique et financière majeure.

…ET DES INEVITABLES « MAUVAISES NOUVELLES ». Il y en eut également. Au-delà des événements difficiles évoqués plus tôt (cf. cyclone Nargis et tremblement de terre au Sichuan ; dégradation de la situation en Afghanistan ; tensions thalando-cambodgiennes ; crise du pouvoir à Bangkok ; impacts régionaux de la crise financière internationale), il est encore quelques événements regrettables, quelques tendances négatives, qu’il convient de relever brièvement, parmi lesquels :

- Japon : confirmation de la fragilité de l’exécutif, avec la démission précipitée du 1er ministre Y. Fukuda (septembre), un an tout juste après le retrait similaire de son prédécesseur S. Abe ;

- Inde : confirmation, après les attentats en série de Bombay (novembre ; 171 morts) et ceux perpétrés plus tôt dans l’année à New Delhi, Jaipur, Ahmedabad et Bangalore, de l’extrême exposition de l’Inde au péril terroriste ;

- Inde / Pakistan : retour de la tension entre ces deux voisins au lendemain des attentats de Bombay, le pouvoir indien laissant entrevoir une possible implication du Pakistan ; une « accusation » guère du goût d’Islamabad, laquelle, mobilisée sur ce dossier, pourrait « baisser la garde » sur l’autre grand dossier régional (Afghanistan) ;

- Péninsule coréenne : raidissement de Pyongyang vis-à-vis de Séoul, suite à l’élection du Président sud-coréen Lee Myung-bak en Corée du sud (février) ; fermeture des points de passage terrestre entre les deux Corées et réduction des activités sur le site industriel de Kaesong (nov-déc.).

2009 : ENJEUX et INCERTITUDES. Il est déjà a minima UNE certitude : pour ce qui concerne l’Asie, 2009 ne devrait pas être une année de tout repos. Au-delà de la foultitude d’événements pour l’heure improbables ou impossibles à anticiper (il y en aura probablement plus que de besoins…), le spectre des dossiers à surveiller sera de toute évidence bien étendu. Esquissons ci-dessous la matrice compacte d’une dizaine de points qu’il s’agira, à l’évidence, de suivre plus particulièrement :

- l’évolution de la situation politique en Thaïlande, entre le clan des « déchus » (T. Shinawatra et ses très nombreux supporters) et le gouvernement en place ;

- le dossier du désarmement nucléaire nord-coréen et plus particulièrement la façon dont la nouvelle administration Obama interagira avec l’irascible Pyongyang ;

- les conséquences régionales de la crise financière internationale au Japon, au Vietnam, en Corée du sud, en Chine et en Inde plus particulièrement ;

- la situation militaire, les discussions politiques et la « reconstruction » en Afghanistan ;

- la commémoration du 50e anniversaire du départ du Dalaï Lama en exil vers l’Inde et la manière dont Tibétains et Pékin gèreront ce moment sensible ;

- le conflit ethnico-religieux au Sri Lanka ;

- enfin, une série d’importants scrutins législatif (Inde) et présidentiel (Indonésie ; Afghanistan).

Une kyrielle de rendez-vous pétris d’incertitude qui, à l’occasion, ne manquera pas de peser sur les grands équilibres régionaux, voire, dans certains cas (cf. Afghanistan ; Pakistan ; Corée du nord ; crise financière), bien au-delà.

 

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