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Brèves

Nord et Est du Sri Lanka : les conditions de vie déplorables des femmes

23 décembre 2011

La situation des femmes dans les régions de langue tamul au Nord et à l’Est du Sri Lanka est dramatique. Depuis la fin de la guerre civile, elles vivent en permanence dans une situation de crainte de la violence provenant de différentes sources. Les victimes d’actes de maltraitances divers n’ont que peu de possibilités pour que justice soit faite, ou encore pour assurer la survie de leurs foyers, selon un rapport d’International Crisis Group.


International Crisis Group est une organisation indépendante à but non lucratif, spécialisée dans les domaines de la prévention et de la résolution des conflits. Elle a publié le 20 décembre 2011 un rapport relatif à l’insécurité des femmes au Nord et à l’Est du Sri Lanka. La situation est d’autant plus importante qu’après la guerre civile, qui a duré trente ans, de nombreuses veuves se sont retrouvées en charge du foyer familial. Elles n’ont que peu de possibilité d’emplois et même de transport. Ainsi de nombreuses femmes ne trouvent pas les moyens pour nourrir leurs familles. S’ajoute à cela le fait que beaucoup d’entre elles dans ces régions ont souffert des répercussions de la guerre civile. Il y a ainsi de nombreux cas de femmes handicapées ou mutilées. L’éducation des enfants s’est vue considérablement détériorée, par conséquent le taux de scolarité est particulièrement faible dans ces régions. La violence domestique sévit dans la communauté tamul en raison des ravages de l’alcool assez répandu. Les cas de prostitution forcée sont également très nombreux dans cette zone. De ce fait, un taux de grossesse particulièrement élevé a été observé chez les adolescentes.

Le rapport apporte des explications aux causes de cette situation déplorable que subissent les femmes. La militarisation de la zone implique que celle-ci doivent se fier aux militaires pour tous leurs besoins quotidiens. Ce qui a inévitablement eu pour conséquence une augmentation des abus commis par les hommes à leur égard. Les forces de sécurité n’ont presque pas répondu aux séries d’attaques visant les femmes, d’août à septembre 2011. Les auteurs qui ont sévis dans le Nord et l’Est du Sri Lanka, s’étaient faits surnommés les « grease yakas (devils) ». Cette quasi-absence de réponse coercitive de l’armée à leur encontre contribue à remettre en cause le principe de respect et d’application du droit. Les militaires refusent également de restaurer un système administratif civil dans ces régions, ou d’effectuer un quelconque transfert de pouvoir. À l’époque du régime répressif des Tigres, une structure coercitive était en place, vers laquelle les victimes pouvaient se tourner. L’absence de cette structure a laissé les femmes sans moyens pour assurer leurs défenses, le gouvernement ignorant la grande majorité des plaintes déposées. La structure militaire exclut très majoritairement les femmes et est dominée par les hommes cingalais. Une séquence vidéo montrant des soldats présumés être des cingalais, faisant des commentaires sexuels au sujet du cadavre dénudé d’une femme tamul, illustre l’horreur de la situation. Le gouvernement a rejeté cette vidéo, la considérant comme fausse. Il empêche toutes enquêtes indépendantes ou internationales, depuis la fin de la guerre civile, sur le sujet de la situation des femmes. On ne peut donc pas évaluer l’ampleur réelle des dégâts. Le rapport souligne que les partenaires internationaux du Sri Lanka, comme les Nations Unies, n’ont pas réussi à dénoncer cette situation dramatique. Pire encore, ils se sont accommodés à traiter avec ce régime militaire.

Sources : International Crisis Group, International Crisis Group

 

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