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Le programme en politique étrangère des principaux candidats à l’élection présidentielle française

2012 : année électorale

16 janvier 2012

Après une année riche en évènements imprévisibles, 2012 connaît au moins un phénomène prévisible : il s’agira d’une année ponctuée de rendez-vous électoraux. Si seule une vingtaine de pays sont concernés par cet évènement politique national, on compte parmi eux des puissances économiques, politiques et démographiques qui pèsent de manière décisive sur les équilibres mondiaux.

De manière exceptionnelle, les États-Unis, la Chine, la France et la Russie vont procéder à la désignation de leurs - nouveaux ? - dirigeants la même année. À eux seuls, ces quatre membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU génèrent 40% du PIB mondial. Près de la moitié de la population mondiale est directement concernée par ces échéances électorales. Cela signifie-t-il que ces choix purement nationaux n’auront aucun impact sur le reste de la « communauté internationale » ou sur les relations internationales ?

Bien que formé d’États-nations, notre monde globalisé est animé par une logique d’interaction et d’interdépendance qui altère la frontière entre les niveaux national et mondial. Comme l’atteste l’onde de choc provoquée par la révolution tunisienne ou la crise des subprimes aux États-Unis, certains phénomènes ignorent les frontières territoriales nationales-étatiques. Malgré leur origine « interne », ils peuvent provoquer des conséquences internationales et bénéficier d’une portée transnationale.

Dans le cas des élections nationales, cette hypothèse est concevable. Certes, les éventuels changements de leaders n’auront qu’un effet modéré : un État qui change de leader ne verra pas forcément sa politique internationale être modifiée. Toutefois, au-delà de cette dimension stratégique, l’impact peut être plus symbolique. En atteste le renforcement de l’image et du rayonnement international des États-Unis à la suite de l’élection du président Obama. Précisément, l’intensité d’un tel impact sur les relations internationales varie en fonction du pays concerné et des personnalités élues ou désignées. Si l’avènement de personnalités charismatiques comme Clinton, Obama, Lula, ou Mandela, donne plus d’écho international aux positions de leurs États, les rapports de force mondiaux ne reposent pas sur la personnalité des leaders, mais sur des données stratégiques comme le poids économique, militaire ou démographique. Certains facteurs assurent au contraire la continuité de la politique internationale des pays en dépit de l’alternance des dirigeants et des gouvernements. S’agissant des échéances de 2012, en cas d’alternance politique, la donne internationale n’en sera pas fondamentalement affectée. Les visions politiques sont basées sur une conception des intérêts stratégiques nationaux, qui précisément font plutôt l’objet de consensus nationaux.

L’année écoulée vient nous rappeler que les bouleversements ou mutations de la donne politique nationale et internationale, ne résultent pas forcément d’évènements officiels inscrits dans l’agenda politique. À l’inverse, 2012, comme année électorale, ne devrait pas bouleverser les relations internationales, même si le résultat d’une élection - démocratique ! - est par définition imprévisible…

Par Béligh Nabli, directeur de recherche à l’IRIS

 

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