Accueil du site > Toutes les rubriques > Brèves > Après la mort de Fang Lizhi, les exilés de Tiananmen se mobilisent
Le dissident chinois est décédé le 6 avril aux Etats-Unis où il vivait avec sa femme depuis 1990. Considéré comme le père spirituel du mouvement de la place Tiananmen en 1989, de nombreux internautes, malgré la censure, lui ont rendu hommage sur les réseaux sociaux. La nouvelle de sa mort a été suivie par la publication d’un appel des chefs de file du mouvement étudiant pour la démocratie ayant fui en 1989. Ils s’adressent au gouvernement pour obtenir le droit de rentrer dans leur pays. Une demande qui n’est pas sans rapport aux promesses de réforme du système politique dans le cadre du renouvellement prochain du gouvernement.
Fang Lizhi était astrophysicien. Il avait d’abord été renvoyé à la campagne, lors de la Révolution culturelle puis réhabilité à la mort de Mao. Devenu l’un des responsables de l’université de Hefei, dans la province de l’Anhui, il prône la démocratisation du pays. Au début de l’année 1989, il publie une lettre ouverte à Deng Xiaoping, appelant à la libération de prisonniers politiques. Cette lettre est considérée comme ayant encouragé le mouvement étudiant à occuper le place Tiananmen. Suite au massacre de la place, il s’exile en 1990 aux Etats-Unis, après un an passé à l’ambassade américaine à Pékin. Il avait alors été le sujet d’une grande tension entre Washington et Pékin, les Américains refusant de le livrer aux Chinois.
A la suite de sa mort, Wan Dang et six autres exilés (Hu Ping, Wang Juntao, Wuer Kaixi, Wu Renhua et Xiang Xiaoji) ont vu leur demande de rentrer au pays publiée, dimanche 8 avril par l’organisation Human Rights in China. Ils déclarent dans cette lettre ouverte, leur croyance en un droit indéniable, en tant que citoyens, de rejoindre leur terre maternelle. En exil aux Etats-Unis ou à Taiwan, la Chine refuse aujourd’hui le renouvellement de leurs passeports ou, pour ceux qui n’ont plus la nationalité chinoise, un visa d’entrée. Certains d’entre eux avaient également tenté de se rendre à Hong-Kong en juin 2009 pour marquer l’anniversaire de Tiananmen, sans succès.
Cette lettre ouverte s’inscrit dans un contexte particulier en Chine. En effet, en vue du renouvellement des dirigeants chinois prévu dans six mois, le premier ministre chinois Wen Jiaobo a récemment souligné l’importance de réformer le système politique. Il a en effet déclaré il y a quelques semaines lors d’une dernière conférence de presse publique : « Sans réformes politiques, les réformes économiques ne peuvent continuer. Il est nécessaire de réformer le Parti et la direction de l’Etat. » Les six exilés, anciens de Tiananmen, justifient leur démarche dans leur lettre ouverte en décrivant les profonds changements en cours, qui mettent en lumière la volonté d’une amélioration dans le respect des droits de l’Homme et une démarche de démocratisation.
Sources : RFI, Human Rights in China, Le Monde, La Tribune
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