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Les expulsions d’immigrés africains s’accélèrent en Israël.

10 juillet 2012

Le ministre israélien des Affaires étrangères Elie Yishaï va au-delà des mesures prises par Netanyahu et annonce vouloir expulser tous les immigrés illégaux d’origine africaine. Il incite aux départs volontaires en échange d’argent mais ceux qui décident de rester risqueront bientôt l’expulsion. Les premiers départs s’inscrivent dans un contexte d’hostilité grandissante envers les migrants, principalement dans les quartiers pauvres de Tel-Aviv. Les associations humanitaires dénoncent la non-considération des demandes d’asile politique des immigrés majoritairement issus d’Erythrée et du Soudan, zones de conflits.


Elie Yishaï s’est montré très clair : les immigrés ivoiriens, dont le nombre est estimé à 2 000 en Israël, ont jusqu’au 16 juillet pour partir en échange de 500 dollars par adulte et 100 dollars par enfant, après quoi ils seront expulsés. Les retours vers l’Afrique ont débuté il y a deux semaines pour 240 Sud Soudanais, qui ont obtenu 1 000 euros par adulte et 400 euros par enfant. Les Sud Soudanais et Erythréens représenteraient selon les chiffres du gouvernement 85% de l’ensemble des immigrés d’origines africaines. D’après ces mêmes chiffres, ils seraient 60 000 à être entrés illégalement sur le sol israélien depuis 7 ans. Netanyahu a affirmé que les 35 000 immigrés Erythréens et les 15 000 Soudanais n’étaient pas visés par ces mesures d’expulsions en raison des situations conflictuelles dans ces pays, mais rien ne garantit que cette protection demeure. Les Ivoiriens viennent en effet d’en faire l’expérience, leur « protection collective » ayant été abolie.

La plupart des immigrés sont arrivés par la frontière égyptienne du Sinaï. Il s’agit également pour les migrants du seul pays riche de la région qu’ils peuvent atteindre par voie terrestre, ce qui en fait une destination particulièrement attractive. C’est précisément pour cette raison que la construction d’un barrage le long de cette frontière est en cours. 170 km sur les 240 km prévus ont déjà été construits, mais le Premier ministre a déclaré dimanche dernier vouloir accélérer l’avancée des travaux. En parallèle des expulsions, les arrestations se multiplient. Ces derniers jours, 350 personnes ont été arrêtées et sont détenues à Saharonim, près de la frontière égyptienne. Le plus grand centre de détention pour immigrés illégaux est en construction dans le désert du Sud du pays, avec une capacité de 11 000 places.

Dimanche, des centaines d’immigrés concernés par ces mesures ont protesté auprès de l’agence des réfugiés de l’ONU basée à Tel-Aviv. Bill Van Esveld, un représentant local de l’association Human Rights Watch, a dénoncé une tendance inquiétante du gouvernement israélien. Le département d’Etat américain a déploré un traitement inadéquat des réfugiés, dont les statuts ne sont pas examinés. Ils sont traités dans l’ensemble en tant que réfugiés économiques et seulement 157 demandes d’asile politique ont été accordées en 10 ans. Israël est pourtant signataire de la Convention de 1951 relative au statut des réfugiés. Au sein du pays, les opinions sont partagées. Les immigrés sont majoritairement concentrés dans les quartiers pauvres de Tel-Aviv, ce qui est source de tensions. Le maire, qui désapprouve certaines mesures récentes, se dit pourtant dépassés par les 40 000 immigrés qu’il doit gérer sans aide financière du gouvernement. Les habitants craignent pour la sécurité de la ville. La rumeur selon laquelle le taux de criminalité parmi les immigrés était de 40%, contre 2,24 % dans les faits, n’a pas aidé. Cette forte concentration dans la capitale pose problème. Les immigrés y représentent 15% de la population contre 1% à l’échelle nationale.

Sources : Le Monde, Le Monde, Haaretz, Voice of America

 

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