Alors que s’achevait samedi le Conseil de Sécurité russe, dirigé par Vladimir Poutine, une opération de grande ampleur avait lieu dans le Nord du Caucase, région à prédominance musulmane, afin de mettre à bas plusieurs cellules désignées comme terroristes par l’Etat russe. Visant ouvertement les futurs Jeux Olympiques d’hiver devant se dérouler à Sotchi en 2014 selon les autorités, les rebelles, œuvrant à la création d’un Etat islamiques dans la région du Caucase ont vu leurs forces être frappées d’un sévère coup d’arrêt. Il s’agit là de la volonté du Président Poutine de prévenir toute éventuelle attaque susceptible de porter atteinte à l’évènement, tout en faisant reculer les prétentions territoriales des insurgés. Il avait ainsi évoqué qu’il en allait de « l’honneur des forces russes ». Le président a fait de l’insurrection nord-caucasienne une priorité.
49 morts (dont 9 leaders, selon la direction des forces anti-terroristes russes), 30 arrestations, 20 individus s’étant également rendus, 100 kilos d’explosifs, 109 armes, 530 grenades, mines et obus ainsi que 19 caches d’armes détruites, tel est le bilan de cette opération de long-terme donné par le Comité national antiterroriste russe (NK), ce dimanche 21 octobre, menée conjointement avec les services de sécurité fédéraux. Ces individus étaient considérés responsables d’attentats à la bombe, d’assassinats et de violences commises envers des officiers de police ainsi que d’attaques d’écoles au Daghestan et en Kabardino-Balkarie. Les autorités ne précisent pas à quel moment précis ces opérations se sont produites. A noter que sur la seule année 2011, 384 rebelles présumés auraient perdu la vie suite aux interventions des autorités russes.
Les opérations de ce type, qui peuvent voir leur localisation (zone reculée ou résidentielle, des frappes aériennes avaient ciblé un camp rebelle près de Makhachkala, capitale du Daghestan, début octobre), et leur durée varier (de quelques jours à plusieurs semaines), seraient appelées à se multiplier. Suivant la volonté de Poutine de plier la région à l’autorité russe afin de protéger notamment les futurs JO et la Coupe du Monde de football 2018, c’est la première fois depuis 2006 que l’armée russe prend part à une opération antiterroriste. Leur retrait avait été à l’époque interprété comme un signe de la stabilisation du Nord-Caucase, laissant le soin aux autorités locales d’assurer la transition. Un commandant de la 58e armée a même indiqué que des rebelles étaient recrutés par l’armée, afin d’apporter soutien et renseignements à la police et aux forces spéciales. L’homme le plus recherché de Russie, Doku Umarov, Emir auto-proclamé de l’ « Emirat Caucasien » reste, quant à lui, toujours libre.
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