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Analyse du jour

Pourquoi la guerre en Syrie va être longue et coûteuse en vie humaine

26 novembre 2012

Par Florent Barnades, Diplômé d’IRIS Sup’

La Syrie s’est embrasée au début de l’année 2011 emportée dans la vague des contestations qui a secoué le monde arabe. A la différence de la Tunisie, Egypte ou Libye, la violence déchire encore le pays après plus d’un an et demi d’affrontement. Et ce conflit va durer. Une résolution rapide par la victoire d’un des deux camps ou encore une négociation se heurtent à plusieurs facteurs intérieurs et extérieurs qui l’en empêchent.


D’un point de vue purement militaire, aucune des deux forces ne peut l’emporter contre l’autre. L’armée régulière est une armée conventionnelle qui, bien qu’équipée de matériel assez moderne, a été conçue et structurée pour faire face à d’autres armées (Israël ou une coalition occidentale). A quoi servent aujourd’hui les systèmes de missiles antiaériens fournis par la Russie (et tant redoutés par les armées de l’air occidentales) contre des rebelles qui ne disposent d’aucun aéronef ? Les blindés et l’artillerie ne peuvent venir à bout d’un ennemi dans une guerre de type insurrectionnelle comme l’ont prouvé les conflits en Irak ou en Afghanistan. L’armée syrienne n’est pas conçue et n’a pas les outils matériels et stratégiques pour combattre une guérilla. De l’autre côté, les rebelles dans leur diversité pour ne pas dire leur hétérogénéité, utilisent les diverses armes du faible contre le fort : attentat ciblé, escarmouche, harcèlement… La victoire militaire ne peut être acquise avec du matériel léger face à la puissance de feu du régime de Damas. Alors qu’en Afghanistan ou en Irak, le but des insurgés est de faire partir une armée étrangère de son sol, dans le cas syrien, les rebelles s’attaquent à une force dont la défaite signifierait sa disparition. Et les rebelles n’en ont pas les moyens à ce jour. Etant donné les difficultés de l’appareil militaire américain, le plus puissant et le plus moderne du monde, pour venir à bout des insurrections afghane et irakienne, l’armée syrienne a peu de chance de l’emporter militairement, même avec un ravitaillement en arme et en matériel de l’Iran et de la Russie.

D’un point de vue sociologique, le conflit en Syrie est avant tout une guerre intercommunautaire. Les sunnites souhaitent briser le joug de la domination alaouite. Pris entre deux feux, les chrétiens et les druzes devront prendre parti avant d’être suspectés par l’un ou l’autre faction de complicité avec l’ennemi. Les conflits intercommunautaires installent une haine durable qui déchire le tissu sociétal : l’exemple du Liban tout proche montre que la violence demeure présente même après une réconciliation des communautés. Comment vivre à côté de l’ennemi d’hier ? Non pas de part et d’autre d’une frontière mais au sein des mêmes villes, des mêmes quartiers, desmêmes immeubles ? Pour la communauté sunnite, ce conflit est aussi synonyme d’une lutte contre ce qu’ils considèrent comme une hérésie de l’Islam et contre une discrimination qui les prive des postes de responsabilité. Une défaite signifierait au mieux un retour à l’état précédent et au pire une répression sanglante contre la communauté.

Le conflit en Syrie est également une guerre par interposition : l’Iran, allié de Damas, connaît actuellement une période de repli. Son isolement international est accentué à cause de la poursuite des travaux d’enrichissement d’uranium. Les sanctions internationales commencent à toucher la population : les récentes manifestions dans le bazar de Téhéran contre l’inflation démontrent leur efficacité. La perte de l’allié syrien signifierait une perte d’influence régionale. Le Hezbollah ne pourrait plus profiter de la continuité territoriale de l’Iran jusqu’au Liban par la Syrie. Le poids iranien dans le conflit au Proche Orient s’en trouverait indéniablement diminué même si l’organisation chiite au Liban dispose aujourd’hui des moyens d’être autonome.

Face à ce déclin, les puissances sunnites du Golfe sont elles en expansion : le Qatar, les Emirats Arabes Unis, l’Arabie Saoudite développent une diplomatie des pétrodollars. Protégées par le bouclier américain, ces puissances régionales soignent leurs relations avec les pays occidentaux empêtrés dans la crise économique grâce à des investissements toujours plus importants. D’autre part, elles soignent leur image vers l’opinion arabe en finançant des œuvres caritatives, des lieux de cultes ou d’enseignement religieux dans le monde et chez leurs nouveaux alliés potentiels : Libye, Egypte et Tunisie. Débarrassés des régimes « laïcisants », ces pays forment un espace où l’influence des pays du Golfe peut se déployer face à un Occident qui n’a fait que courir après les (r)évolutions de l’année 2011 (à l’exception du cas libyen où l’engagement au côté des rebelles a entraîné la création d’un Etat fragmenté, aux prises avec des milices et des conflits locaux, par manque d’une véritable réflexion stratégique post-conflit). Pour s’assurer également la sympathie des mouvements extrémistes islamistes, les puissances sunnites entretiennent un double-jeu face à l’Occident en fournissant des armes et des financements tant à ceux qui combattent le régime alaouite syrien que ceux qui veulent créer des émirats islamistes dans la région saharienne. Il faut se rappeler que plus que l’occident, Al-Qaïda dans sa première phase pré-11 septembre avait pour cible les régimes du Golfe persique coupables à ses yeux d’accepter de traiter avec les Occidentaux et d’accepter leur protection. Aujourd’hui, Al-Qaïda au Maghreb Islamique (AQMI) ou les combattants djihadistes du Mali ou de Syrie ne renâclent pas à accepter les financements des ennemis d’hier.

Au-delà de cet affrontement entre puissances régionales, le conflit qui se déroule en Syrie est également une guerre par interposition entre les puissances de l’OTAN et un axe Pékin-Moscou. Alors que les puissances otaniennes se félicitent encore de l’opération en Libye, la perspective d’affronter un adversaire bien mieux équipé pour faire face à une campagne de bombardement aérien ne réjouit ni les états-majors ni les chancelleries. Les problèmes budgétaires et l’éloignement de ce conflit dans cet orient compliqué n’incitent pas à l’action. Face à cet enthousiasme modéré, la Russie et la Chine souhaitent pousser cet avantage pour des raisons différentes. La Syrie est un relai d’influence russe en Méditerranée en plus d’un marché important pour son industrie de défense. Cela lui permet d’avoir un point d’appui militaire (la base navale de Tartous)et diplomatique dans le cadre plus global des tensions au Proche-Orient et ainsi de conserver un poids dans la région. La Chine se tient, quant à elle, éloignée de ces problématiques mais souhaite un rééquilibrage diplomatique mondial qui passe par un affaiblissement des puissances occidentales. Elle ne permettra donc pas que les Etats-Unis et ses alliés confortent un nouveau point d’appui au Proche-Orient qui reste aux yeux de Pékin un réservoir essentiel d’hydrocarbures nécessaires à son développement économique.

La crise en Syrie intervient à un moment inopportun pour les Etats-Unis qui souhaitent se désengager du Proche-Orient et se recentrer sur le Pacifique, zone de prospérité garantie du 21ème siècle. De surcroît, les intérêts économiques en Syrie demeurent limités. Sa production pétrolière est relativement faible. Pourquoi donc intervenir dans cette zone où les ennemis des Etats-Unis sont si nombreux (djihadistes sunnites ou moudjahidin chiites) ? Cependant, le conflit demeure une occasion de limiter l’influence de l’Iran et de la Russie dans la région. Ils ne peuvent donc s’en désintéresser totalement.

Toutes ces raisons incitent à penser que la guerre civile en Syrie va durer. Aucun des deux camps ne peut accepter sa défaite sous risque d’anéantissement. Les intérêts des puissances régionales et mondiales, dans ce conflit, paralysent toute initiative d’un côté ou de l’autre qui risquerait d’entraîner tout le monde dans un affrontement à plus grande échelle. C’est également pour cela qu’Israël a répondu au tir sur le plateau du Golan avec des tirs de sommation, faisant ainsi preuve d’une grande retenue à laquelle Tsahal n’est pas coutumière. Les insurgés syriens auraient tout intérêt à entraîner Israël dans le conflit. Militairement, les forces israéliennes pourraient porter un coup très dur à l’armée syrienne en détruisant l’aviation et l’armement lourd de l’armée fidèle au clan Assad. Pour Israël, la meilleure des attitudes est la passivité. Le pays profite de l’affaiblissement de l’allié de Téhéran mais craint également l’avènement d’un pouvoir sunnite qui pourrait relancer les tensions autour des fermes de Chebaa et du plateau du Golan. En somme, il est de l’intérêt de tous que rien ne bouge. Sauf pour les Syriens…

 

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