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Analyse du jour

Chine : la politique du fait accompli

28 novembre 2012

Par Jean-Vincent Brisset, directeur de recherche à l’IRIS

Il aura fallu que quelques esprits particulièrement observateurs se penchent sur le filigrane de la page 8 des nouveaux passeports émis par la République populaire de Chine pour que les pays de la région réagissent. On y découvre une carte de Chine un peu particulière, puisqu’une ligne pointillée englobe la quasi-totalité de la Mer de Chine du Sud et Taïwan, pour s’arrêter dans la Zone économique exclusive japonaise. Quant aux frontières terrestres qui figurent sur ce document, elles englobent l’Arunachal Pradesh et l’Aksai Chin, territoires actuellement sous souveraineté indienne mais revendiqués par la Chine. Pourtant, dans son discours officiel, Pékin appelle depuis des années à la négociation dans les deux cas.


Les réactions ne se sont pas faites attendre. Les pays riverains de la mer de Chine du Sud ont protesté plus ou moins vigoureusement. Le Vietnam refuse même de délivrer des visas aux porteurs de ces nouveaux passeports. L’Inde envisage d’apposer des tampons représentant sa vision des frontières.

Au-delà de ce qui peut paraître anecdotique, se dessine l’image d’une Chine suffisamment sûre d’elle-même pour appliquer la politique du fait accompli. Au mois de juillet 2012, dans l’indifférence occidentale, Pékin avait décrété que l’ensemble des terres émergées en Mer de Chine du Sud était sous souveraineté chinoise. Elle avait créé la municipalité de Sansha (les trois archipels) qui regroupe les Paracels, les Spratleys et Macclesfield Bank. Ce qui veut dire qu’elle revendique une souveraineté qui s’étend désormais sur 2 millions de kilomètres carrés d’espaces maritimes. Toujours dans l’indifférence presque générale, l’Armée Populaire de Libération a positionné des forces militaires permanentes dans la zone et les pêcheurs chinois sont présents en permanence.

Quand, au mois d’août 2012, les protestations ont commencé à se faire plus fortes, Pékin a fort habilement manipulé le gouvernement japonais et les moins perspicaces des observateurs en montant en épingle des disputes récurrentes autour des Senkaku, petites îles disputées depuis longtemps entre les deux Chine et le Japon. Pendant ce temps, la mise en place de moyens de plus en plus conséquents se poursuivait en Mer de Chine du Sud.

Les différentes instances de l’ASEAN auraient pu aboutir à une réaction commune des pays qui s’estiment spoliés. Là encore, la diplomatie chinoise a remarquablement fonctionné.

Traditionnellement, la Chine déteste gérer les affrontements face à une alliance et elle met tout en œuvre pour diviser ses membres, estimant pouvoir gérer les confrontations bilatérales. Après avoir réussi à empêcher les membres de l’ASEAN de publier un communiqué commun sur le sujet, le ministère des Affaires étrangères chinois vient de réussir un autre coup remarquable : lors de la réunion ASEAN+Chine tenue à l’occasion du sommet 2012 de l’organisation, Hun Sen, organisateur cambodgien et très proche de Pékin, a lu un communiqué prétendument commun refusant un mécanisme de résolution multinational des problèmes de la Mer de Chine du Sud, qui a soulevé de nombreuses protestations. On note que Washington appelle de ses vœux cette solution négociée, mais n’affiche pas de soutien marqué aux pays concernés. D’ailleurs, la tournée d’Obama en Asie du Sud-Est (17-20 novembre 2012) a concerné le Cambodge, la Birmanie et la Thaïlande, trois pays non concernés par les disputes territoriales.

Dernière démonstration de force en date, la très large diffusion d’images montrant les premiers appontages et décollages de prototypes d’avions de chasse depuis le porte-avions Liaoning. Même si la réalité d’une force aéronavale opérationnelle devra encore attendre quelques années, le message est clair.

 

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