affaires-strategiques.info

Accueil du site > Toutes les rubriques > Brèves > Yémen : Ansar al Charia coupable de graves violations des droits (...)

RSS 2.0 Suivre la vie du site


Brèves

Yémen : Ansar al Charia coupable de graves violations des droits humains

6 décembre 2012

Le groupe islamiste Ansar al Charia, lié à Al Qaïda, a contrôlé une partie du gouvernorat d’Abyan (Sud-Yémen) de 2011 à 2012. Le groupe ayant été chassé en juin dernier, Amnesty International a pu mener une enquête cet été afin de procéder à l’établissement des faits qui se sont déroulés sous le régime d’Ansar al Charia. D’importantes atteintes aux droits humains ont été perpétrées.


De février 2011 à juin 2012, Ansar al Charia (« Défenseurs de la loi islamique »), groupe armé islamiste affilié à Al Qaïda dans la péninsule arabique (AQPA) a dirigé une partie considérable du gouvernorat d’Abyan. La ville de Jaar est ainsi passé sous leur contrôle début 2011, à la faveur d’une période troublée pour le pays, où les autorités yéménites réprimaient, parfois avec brutalité, les manifestations réclamant le départ du président Ali Abdullah Saleh.
Ansar al Charia avait rapidement pris de l’envergure en menant des attaques couronnées de succès contre les troupes gouvernementales et les représentants de l’État, et en pillant banques et dépôts de munitions. A la mi-2011, il contrôlait la plupart des villes et des villages d’Abyan, y compris Zinjibar, (capitale du gouvernorat). Dans son rapport publié le 4 novembre, Amnesty International demande à ce que les « atteintes aux droits humains flagrantes et alarmantes commises à grande échelle par le groupe islamiste lié à Al Qaïda et les forces gouvernementales yéménites qui se sont affrontés pour le contrôle de la région d’Abyan, dans le sud du pays, en 2011 et 2012 » fassent l’objet « d’enquêtes impartiales, approfondies et indépendantes ».
Pour le directeur du programme Moyen-Orient et Afrique du Nord d’Amnesty International Philip Luther, « le gouvernorat d’Abyan a été le théâtre d’une véritable catastrophe en termes de droits humains lorsqu’Ansar al Charia et les forces gouvernementales se sont affrontés pour contrôler la région, en 2011 et durant les six premiers mois de 2012 ».

Exécutions sommaires, crucifixions, amputations ou encore flagellations en place publique, des éléments révélés par les témoignages recueillis par Amnesty auprès de la population locale. Les sanctions décidées par Ansar al Charia, qualifiées de cruelles, inhumaines et dégradantes étaient le fait d’une application d’un code religieux et socialement répressif, notamment appuyé par des « tribunaux religieux ». Des peines étaient fréquemment prononcées par ceux-ci contre des criminels présumés, des « espions » travaillant contre Ansar al Charia et des personnes qui transgressaient les normes culturelles. Les droits des femmes ont également faits l’objet de violation, par l’instauration notamment de codes vestimentaires très rigoureux, ainsi que par une séparation stricte des hommes et des femmes, et des restrictions sur le lieu de travail et à l’école. Ansar al Charia disposait, selon le témoignage d’un enseignant, d’un représentant dans chaque école pour superviser l’application de ses instructions.

Le pouvoir du groupe lié à Al Qaïda se faisant grandissant, donc gênant, l’armée yéménite a lancé plusieurs offensives pour reprendre les régions tombées sous leur coupe, avec notamment une attaque de grande ampleur menée le 12 mai avec l’appui de l’aviation et de l’artillerie. Fin juin, les forces gouvernementales avaient réussi à chasser Ansar al Charia du gouvernorat d’Abyan et des régions environnantes. Deux cent cinquante mille personnes ont fui les gouvernorats du sud du Yémen (notamment celui d’Abyan), du fait des combats et des atteintes aux droits humains
Amnesty signale que de nombreuses personnes ont été tuées ou blessées par les frappes aériennes et les tirs d’artillerie et de mortier des forces gouvernementales, qui ont utilisé des armes conçues pour le champ de bataille contre des zones d’habitation civiles. De plus, toutes les précautions n’auraient pas été prises afin d’épargner les civils.
Amnesty craint qu’Ansar al Charia ne réapparaisse et reprenne les armes, même après avoir été chassé des localités qu’il contrôlait.

Sources : Amnesty, Le Nouvel Observateur

 

Imprimer cette page Envoyer cette page à un ami


Dans la même rubrique

 
 

archives  Brèves

afficher archives loupe

 
 

Qui sommes nous ?

L’IRIS - Institut de relations internationales et stratégiques, centre de recherche en relations internationales, a créé son site d’informations "affaires-strategiques.info".

Suite...


 
 
 

Brèves

Alors que l’Afrique centrale a connu de nombreux remous récemment, notamment en République centrafricaine, le GRIP publie une note d’analyse étudiant le rôle du Tchad dans la stabilisation de cette région et son possible statut de puissance régionale.

Suite...


 
 

Home page  | Contact  | Plan du site  | Mentions_legales  | Suivre la vie du site RSS 2.0