Accueil du site > Toutes les rubriques > Brèves > Chine : un nouveau scandale de corruption ?
Li Chuncheng, le Secrétaire du Parti Communiste chinois de la province du Sichuan, fait l’objet d’une enquête pour « violation de la discipline du parti », menée par la Commission centrale d’inspection de la discipline du parti. Cette affaire marque le premier coup d’éclat en matière de lutte contre la corruption du nouveau dirigeant du PCC, Xi Jinping.
Li Chuncheng a commencé sa carrière au sein du Parti Communiste chinois dans les années 1980. Il était alors en poste dans la province du Heilongjiang, au Nord-Est de la Chine. Il a ensuite poursuivi sa carrière dans la province du Sichuan, se faisant élire maire de la préfecture, Chengdu, en 2001. Ce changement de poste fut un tournant dans sa carrière et permit à Li Chuncheng d’accéder au rang de suppléant au sein du Comité central du PCC, lors du XVIIIe Congrès du parti qui s’est tenu en novembre dernier.
Selon certaines sources, Li Chuncheng a été placé sous le régime de la « double régulation », shuanggui en chinois, une procédure disciplinaire qui permet à la fois la détention d’un des membres du parti sur lequel pèsent des soupçons de corruption et la tenue d’interrogatoires de celui-ci. Li Chuncheng serait donc déjà détenu et sommé de s’expliquer sur les faits qui lui sont reprochés. Il serait ainsi la première « victime » de la campagne anti-corruption lancée par le nouveau dirigeant du parti, Xi Jinping. Lors du XVIIIe Congrès en novembre, Hu Jintao, le président de la République Populaire de Chine qui devrait céder sa place à Xi Jinping début 2013, avait expliqué que la corruption grandissante au sein des élites dirigeantes chinoises menaçait sérieusement le régime. Xi Jinping a décidé d’œuvrer à « l’assainissement » de l’administration du pays et créé la Commission centrale d’inspection de la discipline, chargée d’enquêter sur les membres du parti susceptibles d’être corrompus.
Li Chuncheng subira-t-il le même sort que Bo Xilai ? La question est désormais posée. De nombreux commentateurs espèrent que la campagne anti-corruption donnera réellement lieu à des actions concrètes. La population chinoise a en effet été scandalisée par l’affaire Bo Xilai, l’ancien Secrétaire du PCC de Chongqing exclu du parti lors du dernier Congrès, dont la femme a tué un businessman anglais, et qui aurait notamment profité de sa position pour la couvrir. La révélation par le New York Times des fortunes amassées par l’actuel Premier ministre Wen Jiabao et son entourage a également choqué, bien que ces assertions aient été réfutées par les intéressés. La Chine parviendra-t-elle à se défaire de la corruption qui la gangrène ?
Sources : The Guardian, South China Morning Post, Want China Times
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